ÉDITION 2018

Date limite des candidatures: 30 juin

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Partage des connaissances – Médecins

« Lorsqu’on embrasse une carrière professionnelle et qu’on a l’opportunité de transmettre ses connaissances et de faire avancer la pratique, il faut la saisir. »


Dre Marie-Jeanne Kergoat

Chef du département de médecine spécialisée et directrice de la clinique externe de cognition, IUGM



Dre Marie-Jeanne Kergoat

Photo : Pierre Longtin Photographe



Véritable pionnière de la gériatrie au Québec, la Dre Marie-Jeanne Kergoat s’est donné pour mission d’améliorer la qualité des soins aux personnes âgées. Pour y parvenir, la gériatre ne néglige aucun moyen : l’enseignement, la recherche, la pratique clinique et la gestion occupent son emploi du temps réglé au quart de tour.

Faisant preuve d’un engagement inconditionnel envers le grand âge – une clientèle avec laquelle elle a toujours eu une grande facilité d’approche –, la lauréate du Prix Profession Santé dans la catégorie « Partage des connaissances chez les médecins » estime avoir découvert un environnement lui ayant permis de s’accomplir pleinement dans sa pratique.


Une avant-gardiste.

Lorsqu’elle a commencé sa carrière de gériatre à la fin des années 1980, «tout était à écrire», se rappelle-t-elle. Passionnée par ce champ d’exercice, la Dre Kergoat s’est rapidement positionnée comme l’un des piliers du développement du curriculum de gériatrie à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, en participant à l’élaboration des toutes premières formations en soins gériatriques.

Toujours animée par les nouveaux défis, la chef du département de médecine spécialisée et directrice de la clinique externe de cognition à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) n’a jamais cessé de multiplier les projets et les initiatives, devenant ainsi une référence dans le réseau de la santé. « Lorsqu’on embrasse une carrière professionnelle et qu’on a l’opportunité de transmettre ses connaissances et de faire avancer la pratique, il faut la saisir », dit celle qui a signé un peu plus de 400 communications écrites et assuré

460 communications à titre de conférencière invitée. « Au début des années 1980, le Québec était avant-gardiste en la matière », souligne la gériatre. Avant même que la discipline en gériatrie ne voie le jour, des médecins visionnaires, voyant poindre le vieillissement de la population qui allait s’accélérer au cours des années subséquentes, ont décidé de mettre sur pied des services de gériatrie dans les hôpitaux, raconte-t-elle, précisant que ce type de services n’est pas généralisé ailleurs au Canada.

De manière générale, les omnipraticiens ayant un intérêt pour les soins aux personnes âgées étaient surtout ceux qui prenaient en charge ces nouveaux services gériatriques. « Ils n’avaient pas de formation particulière », se rappelle la Dre Kergoat, qui trouvait « qu’il y avait là quelque chose d’intéressant du point de vue de la recherche ».


La fin des silos.

Dans les années 2000, une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) lui a permis de démontrer l’hétérogénéité de la structure, des processus et de la qualité des soins entre les unités de courte durée gériatriques (UCDG) québécoises. Bref, chacun vaquait à ses petites affaires dans son coin, ignorant ce qui se faisait dans d’autres établissements.

Devant ces résultats, les gestionnaires et les cliniciens œuvrant dans les services gériatriques hospitaliers ont exprimé le besoin de se regrouper, évoquant un sentiment d’isolement. De là est né, en 2010, le Regroupement des unités de courte durée gériatriques et des services hospitaliers de gériatrie du Québec (RUSHGQ), qui rassemble aujourd’hui 61 établissements et près de 750 professionnels et gestionnaires.

L’objectif de cette communauté de pratique est d’optimiser les compétences cliniques des professionnels exerçant dans les services gériatriques hospitaliers ainsi que le fonctionnement organisationnel de ces programmes. « Seul, on avance à petits pas, mais en équipe, tout va beaucoup plus rapidement », estime la gériatre.

Alors qu’elle a abordé « la dernière ligne droite de sa carrière », la gériatre est à même de constater les progrès réalisés ces trois dernières décennies. «Lorsque j’ai débuté, la gériatrie était vue de façon fataliste, comme une spécialité où il n’y aurait plus rien à faire. Les choses ont bien changé», soulève-t-elle.

La clé du succès de la carrière de la Dre Kergoat repose, à son avis, sur son optimisme et sa résilience. «S’il faut recommencer ou encore redire les mêmes choses, je vais le faire.»

Alors qu’une personne âgée n’est plus l’exception, mais bien la règle dans nos établissements de santé, «les connaissances, les habiletés et les perceptions des professionnels envers leurs problèmes et leurs besoins spécifiques se sont améliorées», assure-t-elle.

La gériatre admet qu’il reste encore beaucoup à faire, notamment en matière de formation, mais elle estime que tout est en place pour que l’amélioration des soins gériatriques se poursuive.



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