ÉDITION 2019

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Catégorie Collaboration interprofessionnelle – Infirmières

Une voix pour les patients


Marie-Claude Forest

Infirmière auxiliaire pivot pour l’organisme Hépatites Ressources, à Trois-Rivières


Marie-Claude Forest

Photo : Pierre Longtin Photographe.



Marie-Claude Forest est un maillon essentiel de l’offre de soins aux personnes atteintes du virus de l’hépatite C (VHC) dans la région de la Mauricie–Centre-du-Québec, en particulier à Trois-Rivières. Infirmière auxiliaire pivot pour l’organisme sans but lucratif Hépatites Ressources, elle aide ces personnes à obtenir tous les services dont elles ont besoin, en plus de leur offrir un soutien psychosocial d’une grande valeur.

En rencontrant Marie-Claude Forest, on comprend aisément pourquoi ses patients lui font autant confiance. Empathique, d’un professionnalisme exemplaire et dotée d’une grande patience, elle est leur meilleure ambassadrice, les aidant à naviguer dans un réseau de soins et de services parfois difficiles à comprendre.

«Marie-Claude a tissé des liens très étroits avec les médecins généralistes et surtout avec les gastro-entérologues et les infectiologues de Trois-Rivières», note Pierre Hould, agent de communication et de recherche chez Hépatites Ressources.

Grâce à ces liens, Marie-Claude Forest accompagne fréquemment ses patients, en particulier ceux qui sont marginalisés, à leurs différents rendez-vous médicaux. «Je les aide à comprendre les termes employés par les professionnels de santé, car il reçoivent parfois beaucoup d’informations en très peu de temps, dit-elle. Par la suite, nous revenons ensemble sur le déroulement de la rencontre et je leur explique ce qui a été dit dans des mots qu’ils comprennent.»


«Marie-Claude a tissé des liens très étroits avec les médecins généralistes et surtout avec les gastroentérologues et les infectiologues de Trois-Rivières.»

- Pierre Hould, agent de communication et de recherche chez Hépatites Ressources


Dans son rôle d’infirmière auxiliaire pivot, Marie-Claude Forest s’assure également de mettre ses patients en contact avec les organismes communautaires de la région, afin qu’ils se trouvent plus aisément un logement ou parviennent à réduire les méfaits associés à leur consommation de drogues, par exemple.

Il serait erroné de croire que la centaine de patients qu’elle prend en charge chaque année n’est constituée que d’utilisateurs de drogues ou de sans-abris. Même les patients qui ont un contexte de vie plus favorable ont besoin de son expertise et de son écoute.

Une expertise rare

Marie-Claude Forest a commencé à travailler pour Hépatites Ressources en 2014, après avoir travaillé pendant sept ans à la maison Re-Né, un organisme de Trois-Rivières prodiguant des soins aux personnes vivant avec le VIH-sida ainsi qu’à celles atteintes du VHC, et pendant huit ans en établissement de santé. Elle est donc l’une des rares infirmières auxiliaires québécoises à être spécialisée dans ce domaine clinique.

Sur le plan clinique, l’un de ses rôles consiste à effectuer l’examen de Fibroscan afin de déterminer si ses patients souffrent ou non d’une fibrose hépatique. Lorsque l’un des deux appareils de la région est disponible chez Hépatites Ressources, les patients se rendent à cet organisme pour y passer l’examen, mais il lui arrive également de se déplacer pour offrir ce service hors de la ville. Depuis peu, elle propose aussi aux patients de faire un test de dépistage rapide du VHC. En tout temps, elle est là pour offrir tout le soutien psychosocial nécessaire, notamment en cas de résultat positif.

Depuis décembre 2018, un médecin travaille désormais régulièrement chez Hépatites Ressources, ce qui change la donne, estime Marie-Claude Forest. «Il est maintenant possible d’entamer un traitement chez les patients non cirrhotiques dans un délai moyen de deux mois, alors qu’ils devaient auparavant attendre 6 à 12 mois», souligne-t-elle. Cela maximise les chances que le traitement contre le VHC soit donné dans l’intervalle de temps où le patient risque le plus d’adhérer à sa pharmacothérapie.

Lorsqu’on lui demande ce qu’il manque dans le réseau de la santé et des services sociaux à l’échelle du Québec afin de favoriser la prise en charge optimale des patients atteints du VHC, Marie-Claude Forest n’hésite pas une seule seconde : «La reconnaissance du réseau envers les organismes comme le nôtre. C’est dur d’obtenir cette reconnaissance, mais on peut y parvenir.»

Article de Christian Leduc

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