ÉDITION 2019

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Partage des connaissances – Infirmières

Préparer les IPS à la pratique en CHSLD


Jean-Daniel Cyr, B. Sc., M. Sc., D. E. S. S.

Infirmier praticien en soins de première ligne, GMF-U de Lévis
Formateur et instigateur d'une mise à niveau de la pratique des infirmières praticiennes spécialisées en soins de première ligne, volet CHSLD


Marie-Claude Forest

Photo : Pierre Longtin Photographe.



Premier infirmier praticien spécialisé en soins de première ligne (IPSPL) à exercer dans un centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) dans la région de Québec, Jean-Daniel Cyr fait aujourd’hui profiter ses collègues de son expérience unique et enrichissante.

Au printemps 2015, Jean-Daniel Cyr a été l’un des six IPS du Québec à participer à un projet vitrine du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) qui visait à analyser la portée des interventions des IPSPL dans les CHSLD. À la suite de sa participation, il a été invité par l’Unité de recherche du Centre dqu’excellence sur le vieillissement du Québec à mettre au point une formation sur la pratique des IPS dans ces milieux de soins.

L’infirmier a accepté l’invitation avec enthousiasme et a mis sur pied une formation de 35 heures qu’il a présentée à trois reprises l’an dernier et qu’il présentera également trois fois en 2019. Grâce à des exemples cliniques concrets tirés de son expérience, le professionnel y aborde des sujets comme la physiopathologie avancée chez la personne âgée, l’examen clinique propre à ce type de patients, certaines particularités de la pharmacologie leur étant destinées, et les troubles de comportement dont ils souffrent parfois.


«Mon objectif est de construire une réputation forte pour ma profession. Je veux que les IPS puissent bien servir la population avec des connaissances basées sur des données probantes.»

«L’expérience en CHSLD m’a permis de constater qu’il y avait quelques manques dans notre parcours universitaire. Par exemple, nous n’abordions pas la gestion de la polypharmacie ainsi que l’approche à avoir avec la personne âgée qui a des troubles cognitifs majeurs», explique l’infirmier praticien, qui a terminé ses études à l’Université Laval en 2010.


Le but est de mieux outiller les IPS à répondre aux besoins cliniques souvent complexes de ces patients. «Plus les IPS sont compétents, mieux c’est. Nous rendons ainsi un meilleur service à la population et nous diminuons les consultations à l’urgence hospitalière, en plus de décharger les médecins et l’équipe de certaines tâches», souligne Jean-Daniel Cyr.

Un engagement envers sa profession

En plus de sa formation qu’il présente trois fois par année, Jean-Daniel Cyr est superviseur de stages et chargé de cours au programme de maîtrise des IPS à l’Université Laval, où il enseigne la pratique en CHSLD.

Si ces fonctions lui permettent de partager ses connaissances et son expérience, elles le forcent aussi à se tenir à jour sur tout ce qui touche la pratique des IPS. «Il y a toujours un étudiant qui me sort une colle. Étant un peu orgueilleux, je n’aime pas ne pas avoir de réponse aux questions qu’on me pose. Cela m’oblige à parfaire mes connaissances, dit l’infirmier. Mon objectif est de construire une réputation forte pour ma profession. Je veux que les IPS puissent bien servir la population avec des connaissances basées sur des données probantes.»

Plein d’énergie, Jean-Daniel Cyr travaille également à temps plein dans le groupe de médecine familiale de Lévis et le CHSLD Paul-Gilbert. Résultat: l’infirmier a cumulé en moyenne 70 à 80 heures de travail par semaine au cours des deux dernières années. Cela représente une preuve supplémentaire indéniable de son engagement envers sa profession et les personnes âgées.

Défi stimulant

Pour Jean-Daniel Cyr, la pratique en centre d’hébergement constitue un important défi clinique qu’il aime relever. Les patients souffrant de plusieurs maladies chroniques ou ceux qui ont de la difficulté à communiquer leurs problèmes lors d’un examen clinique représentent des cas particulièrement stimulants pour lui. «J’ai acquis beaucoup de compétences et de connaissances dans la gestion des problématiques complexes. J’ai toujours été attiré par ce genre de problématique», explique-t-il.

Jean-Daniel Cyr voit d’un bon œil que les IPS aient récemment reçu le droit de poser certains diagnostics. Selon lui, ce nouvel acte permettra de faire économiser de l’argent au système de santé et de désengorger les hôpitaux. «Je crois que nous avons fait nos preuves. Nous avons démontré que nous étions compétents et vigilants», souligne-t-il, rappelant que ses collègues dans les autres provinces posent des diagnostics depuis plusieurs années.





Article de Mathieu Ste-Marie

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