ÉDITION 2018

Tous les lauréats



Catégorie Pratique novatrice - Pharmaciens

Une expertise unique


Pierre-André Dubé, B. Pharm., Pharm. D., M. Sc., D.E.S.S., C. Clin. Tox., FOPQ

Pharmacien-toxicologue, Institut national de santé publique du Québec.
Créateur d'un répertoire national des antidotes


Dre Anne Fournier, M. D., FRCPC, FACC, FCCS.

Photo : Francis Vachon.



«Un porte-étendard de la rigueur scientifique en pharmacologie et toxicologie clinique au Québec.» C’est dans ces mots élogieux que la Dre Sophie Gosselin, elle-même experte reconnue en toxicologie, décrit le pharmacien et toxicologue Pierre-André Dubé. Sa contribution à l’évolution de ce domaine est en effet si vaste qu’elle dépasse les frontières du Québec et du Canada.

L’intérêt de Pierre-André Dubé pour la toxicologie clinique tire ses origines d’un cours optionnel qu’il a suivi dans le cadre de ses études de baccalauréat en pharmacie, au début des années 2000. Cet intérêt s’est confirmé durant sa résidence en pharmacie d’hôpital et en travaillant comme pharmacien clinicien dans différentes unités de soins critiques.

En 2009, Pierre-André Dubé est devenu pharmacien-toxicologue à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Dans ce nouveau rôle, il a pu bénéficier du soutien de «mentors exceptionnels», tels que la pharmacienne Lise Lefebvre, le Dr René Blais et le Dr Albert Nantel.

Ses propres idées pour améliorer les soins de santé en matière d’intoxication ont rapidement émergé. «Grâce à mon œil de pharmacien d’hôpital en soins critiques, j’ai constaté des problèmes en lien avec l’entreposage des antidotes et leurs protocoles d’administration», relate-t-il.


«Les intoxications peuvent toucher tout le monde. C’est important pour moi de vulgariser l’information et de m’assurer que le public la comprenne bien.»


C’est avec le désir de s’attaquer à des problèmes de cette nature qu’il a entrepris la rédaction de la quatrième édition de l’ouvrage de référence Les antidotes en toxicologie d’urgence – Guide d’utilisation et d’administration, du Centre antipoison du Québec, y ajoutant notamment plusieurs nouvelles sections. Afin d’en faciliter la consultation, Pierre-André Dubé a même eu l’idée de faire de cette édition, parue en 2013, une référence entièrement électronique et accessible gratuitement.

Durant les mêmes années, il a entrepris une vaste enquête auprès de tous les départements de pharmacie du Québec afin de dresser le portrait de leurs inventaires d’antidotes jugés essentiels. Le constat fut accablant: plusieurs établissements n’avaient pas suffisamment d’antidotes ou ceux-ci étaient parfois périmés. Pour pallier le problème, Pierre-André Dubé a mis sur pied, en 2012, le premier Registre des antidotes du Québec.

La quatrième édition du guide d’utilisation et d’administration des antidotes et le Registre des antidotes du Québec ont fait une si bonne impression à l’échelle nationale que de nouveaux partenariats ont été conclus afin que ces outils soient disponibles dans tout le Canada.

La cinquième édition du Guide, désormais appelé Guide canadien des antidotes en toxicologie d’urgence, est aujourd’hui disponible en ligne et au moyen d’une application mobile. Quant au Registre pancanadien des antidotes, il sera testé dans d’autres provinces au cours du premier trimestre de 2019.

Après le Canada, les États-Unis

Il y a un peu plus d’un an, Pierre-André Dubé a reçu un appel de l’ambassade des États-Unis : il venait d’être sélectionné pour participer au prestigieux International Visitor Leadership Program. Il s’est donc envolé pour une mission de trois semaines au cours de laquelle il a pu échanger avec ses homologues américains sur l’un des sujets de l’heure en matière de toxicologie clinique: la crise des opioïdes en Amérique du Nord.

L’expertise en toxicologie clinique de Pierre-André Dubé est d’ailleurs sollicitée de toutes parts : coroners, gouvernements, agences de santé publique, corps de police, etc. La liste de ses avis scientifiques et de ses recommandations est particulièrement longue.

Les médias lui demandent aussi fréquemment d’expliquer à la population certains cas d’intoxication survenus avec des médicaments, des drogues illicites et de simples produits de consommation courante, tels que des pastilles de lave-vaisselle ou un dépoussiéreur à clavier.

«Les intoxications peuvent toucher tout le monde. C’est important pour moi de vulgariser l’information et de m’assurer que le public la comprenne bien», souligne-t-il.

Article de Christian Leduc

Tous les lauréats