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01/09/2022

Quel est l’impact de la démission silencieuse sur la pharmacie?

Nous entendons beaucoup parler du phénomène de la «démission silencieuse». Voici ses répercussions sur le personnel de la pharmacie - et ce dont se privent ceux qui y participent.
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Pharmacienne fatiguée

La démission silencieuse fait fureur sur TikTok et maintenant dans les médias traditionnels. Elle suscite des conversations et des débats dans de nombreux secteurs d’activité et fait trembler le monde des affaires. Mais qu’est-ce que cela signifie réellement et quel est son impact sur la pharmacie?

La démission silencieuse n’a pas de définition unique, mais elle signifie généralement que vous effectuez votre travail, et uniquement votre travail, en respectant les exigences minimales. Il ne s’agit pas de quitter son emploi, mais de ne pas se surpasser. Cette tendance semble être une forme de rejet de l’épuisement professionnel et de la surcharge de travail endossée par les baby-boomers.

La pharmacie est actuellement confrontée à une pénurie de main-d’oeuvre et les employeurs n’ont plus de marge de manoeuvre : l’inflation augmente, ce qui accroît les coûts de fonctionnement de l’entreprise, et les salaires augmentent aussi pour faire face à la concurrence croissante pour attirer et garder des employés de qualité. Quelle est la place de la démission silencieuse dans ce contexte?

Lorsque j’observe à la réponse globale de la génération Z à l’épuisement professionnel des générations plus âgées, je constate que le phénomène de démission silencieuse omet des aspects importants. En décidant d’en faire moins, mais de maintenir le statu quo dans leur travail, les démissionnaires silencieux se privent de la possibilité de trouver un but, un sens ou même un peu de joie dans leur travail. Nous savons déjà que les pharmaciens et les techniciens sont malheureux, mais la démission silencieuse ne nous incite pas à en trouver la cause ni à effectuer des changements positifs afin d’améliorer notre satisfaction personnelle dans l’exercice de notre profession.

À quoi ressemble la démission silencieuse?

La démission silencieuse encourage un manque d’engagement entre les employés et les gestionnaires. L’abandon de l’expression de tout problème et un manque de créativité dans la recherche de solutions.

Elle encourage une attitude passive-agressive sur le lieu de travail, dans laquelle nous ne soulevons pas les problèmes de manière saine et positive, mais exprimons notre mécontentement en nous détachant tout simplement.

Cela a d’énormes répercussions sur la culture de l’officine, où nous travaillons souvent en étroite collaboration et où nos tâches se chevauchent. Au lieu de favoriser une culture de coopération, l’environnement devient toxique pour tous les membres de l’équipe. 

Voici ce à quoi peut ressembler la démission silencieuse sur nos lieux de travail:

«Ce client est difficile, je vais tenter de ne pas me faire remarquer et espérer que l'autre pharmacien prendra en charge son ordonnance.»

«Pourquoi est-ce que je travaille si dur? Lui, là-bas, il est si lent.»

«Je ne comprends pas ça. Je vais juste laisser ça pour l’autre équipe.»

«Je me demande si la pharmacie X est un meilleur endroit pour travailler?»

«Je vais juste aller aux toilettes (mais en fait je vais vérifier mon téléphone).»

Comme gestionnaire, je suis convaincue que le travail doit être laissé au travail et que l’importance du temps libre doit être non seulement respectée, mais aussi prônée comme une valeur.

Cela implique par exemple de ne pas répondre aux courriels liés au travail pendant le temps libre, de s’assurer que les pauses sont prises, d’accorder du temps de repos avec générosité, etc. Ces règles doivent être tacites et respectées.

Mais, comme gestionnaire, il y a tellement plus à faire pour s’assurer que les employés trouvent un sens à leur travail, aient leur mot à dire sur la façon dont ils travaillent et se sentent valorisés et écoutés. Tout cela favorise l’engagement des employés, qui seront au sommet de leur productivité lorsqu’ils seront présents sur le lieu de travail, car ils apprécient l’équipe et l’organisation.

Pour retenir des membres précieux de l’équipe et maintenir un environnement de travail sain, il faut favoriser une culture d’équipe positive et y travailler activement. La culture d’équipe peut sembler insaisissable parce qu’elle est en grande partie ancrée dans des comportements, des mentalités et des modèles sociaux tacites, mais c’est l’une des forces les plus puissantes du monde des affaires. Selon une étude de Harvard portant sur plus de 200 entreprises, une culture forte augmente le revenu net d’un employeur de 765 % sur 10 ans.

Gérer la culture de votre entreprise peut libérer d’énormes quantités d’énergie vers un objectif commun, permettre à vos employés de trouver un sens à leur travail et favoriser la capacité de votre entreprise à prospérer. Sans cet effort de la part des dirigeants et des gestionnaires, nous nous retrouvons avec une culture qui se forme d’elle-même et la démission silencieuse en est le malheureux résultat.

    Références et ressources:
    1. Edmondson, Amy C. Teaming: How Organizations Learn, Innovate, and Compete in the Knowledge Economy. Jossey-Bass, 2012.
    2. Brown, Brené, Dare to lead: Brave work. Tough conversations. Whole hearts.New York : Random House, 2018.
    3. Start with Why: How Great Leaders Inspire Everyone to Take Action by Simon Sinek
    4. The Culture Code: The secrets of Highly Successful Groups  by Daniel Coyle
    5. The Culture Factor  Harvard Business Review.  HBR.org 
    6. Leader’s Eat Last: Why some teams pull together and others don’t.  by Simon Sinek.  Penguin 2014
    7. Corporate Culture and Performance  by James Heskett and Dr. John Kotter. Harvard Business School.
    8. Deloitte Development LLC (2014). Culture of Purpose – Building Business Confidence; Driving Growth: 2014 Core Beliefs & Culture Survey, 2, 10-11.
    9. LRN Corporation (2012). The HOW Report – New Metrics for a New Reality: Rethinking the Source of Resiliency, Innovation, and Growth, 3, 19-20,` 28.
    10. O’Reilly C., & Pfeffer J. (2000). Hidden power. Boston: Harvard Business School Press.
    11. Gen Z is getting work wrong.  

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