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10/06/2021

Un médecin radié à vie pour une série de gestes à caractère sexuel

Un urologue montréalais, retraité depuis deux ans, a écopé d’une radiation permanente pour une série d’actes abusifs à caractère sexuel sur trois patientes entre 2014 et 2015.
Sanction

Le conseil de discipline du Collège des médecins du Québec a ainsi accordé une peine plus sévère au Dr Stephan A. Jacobson que la sanction minimale de cinq ans prévue à l’article 156 du Code des professions sur les inconduites de nature sexuelle.

Le premier geste commis par le Dr Jacobson s’est déroulé le 3 septembre 2014 à l’Hôpital Général Juif de Montréal. Cette journée-là, la patiente qui consultait pour un problème de microhématurie a reçu un toucher vaginal et un toucher rectal alors « qu’elle ne présentait aucun symptôme les justifiant », indique le jugement. Le médecin spécialiste, qui pratiquait depuis plus de 50 ans, a répété ces gestes avec la même patiente lors de consultation les 16 décembre 2014 et le 27 janvier 2015.

Le 4 mars 2015, avec une deuxième patiente qui consultait pour un problème d’infection urinaire à la Clinique Medic Elle à Montréal, le Dr Jacobson a procédé à mains nues à un toucher vaginal et a posé des gestes inappropriés à son endroit, notamment en lui tapant les fesses à la fin de l’examen. « Porter des gants pour poser un geste aussi intrusif qu’un toucher vaginal est un devoir élémentaire pour un urologue », souligne le conseil de discipline.

Finalement, le 16 mars, le médecin a également procédé à un examen vaginal à mains nues avec une troisième patiente qui consultait pour des problèmes de pression vaginale, d’incontinence et de constipation. Durant cette consultation, le Dr Jacobson a également effectué un examen des seins qui n’était pas nécessaire dans les circonstances.

« La manière dont l’intimé s’y est pris pour effectuer cet examen des seins est aggravante, tranche le conseil de discipline. L’intimé a levé la jaquette de F (la femme), bougé son soutien-gorge vers le haut et palpé chacun de ses seins, et ce, sans l’avoir informé de ses intentions avant de poser ces gestes. Il a agi de façon cavalière et inappropriée ».

Une femme s’est sentie violée après l’examen alors qu’une autre s’est sentie abusée, humiliée et vraiment mal. La troisième femme s’est sentie en état de choc après l’examen.

« Le Conseil doit conclure au caractère prémédité des gestes, que l’intimé a agi sous le couvert d’actes médicaux, que les patientes étaient vulnérables et que la conduite de l’intimé a eu des conséquences sur celles-ci », indique le jugement.

Un « malentendu très regrettable»

Pour sa défense, le Dr Jacobson dit qu’il avait développé au fil des ans, des habitudes et des façons d’interagir avec ses patients masculins. « Si ces habitudes étaient appropriées pour les hommes, je me rends compte que j’aurais dû réfléchir davantage à l’adaptation de mon approche pour les patientes », a-t-il affirmé dans une déclaration écrite.

« Le comportement qui m’est reproché est le résultat d’un malentendu très regrettable et d’un contraste frappant de perceptions, mais il ne reflète pas mon intention d’abuser de ces femmes de quelque manière que ce soit. Au moment des faits, j’avais presque 80 ans et je n’avais aucun intérêt pour ces patientes et je n’ai jamais rien fait pour satisfaire un quelconque désir sexuel».

Le médecin spécialiste ajoute qu’il voulait simplement examiner ses patientes et les traiter avec diligence. 

Pour sa part, le conseil de discipline constate que le Dr Jacobson n'assume pas la responsabilité de ses gestes abusifs. 

Un message aux médecins

En rendant cette sanction exemplaire, le Conseil a voulu lancer un message clair aux médecins en fin de carrière. « Il faut s’assurer que les médecins en fin de carrière comprennent qu’il y a des conséquences à contrevenir à leur code de déontologie », ont indiqué les trois membres du conseil, ajoutant qu’il ne s’agit pas du premier cas de médecin en fin de carrière qui pose des gestes inappropriés.

Le conseil a également voulu dissuader les autres médecins de commettre les mêmes gestes. « Malgré une politique de tolérance zéro concernant les inconduites sexuelles, de telles infractions continuent de se produire au sein de la profession », déplore-t-il. 
 

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