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30/06/2021

Une découverte permet de mieux comprendre la sclérose latérale amyotrophique

La perte de fonction d'un gène joue un rôle important dans le développement de la SLA, mieux connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig, montrent les travaux d'un chercheur de l'INRS.
Un jeune souffrant de sclérose latérale amyotrophique dans une cuisine entouré de sa famille

Cette maladie dégénérative s'attaque aux neurones et à la moelle épinière, entraînant progressivement la paralysie.

Lors de travaux menés par la doctorante Zoé Butti, le professeur Kessen Patten et son équipe ont étudié la perte de fonction de ce gène sur des modèles de poissons-zèbres modifiés génétiquement.

Ils ont alors constaté l'apparition de symptômes semblables à ceux de la SLA, soit des troubles moteurs, une atrophie musculaire, une perte de neurones moteurs et la mortalité des poissons-zèbres.

«Entre autres, un dysfonctionnement qu'on a plus étudié dans ce modèle est au niveau de la transmission entre les neurones et les muscles, qui est très diminuée chez notre modèle animal, a dit le professeur Patten. Cet effet arrive aussi chez les patients avant que les motoneurones dégénèrent chez les patients.»

On savait déjà qu'une mutation du gène C9orf72 serait la principale cause génétique de la SLA. Cette mutation, qui engendre en partie la perte de fonction du gène, serait responsable de 40 à 50% des cas héréditaires de la SLA, ainsi que de 5 à 10% des cas sans historique familial.

L'étude a permis de montrer l'effet de la perte de fonction induite par la mutation du gène C9orf72 sur la communication entre les neurones moteurs et les muscles.

«On montre que le gène joue un rôle très important dans la transmission des neurotransmetteurs, qui font la communication entre les motoneurones et les muscles», a précisé le professeur Patten.

Les travaux ont également démontré, pour la toute première fois, que ce gène a un impact sur la protéine TDP-43, qui est notamment responsable des récepteurs antigéniques dont une cellule est équipée pour lutter contre les agents pathogènes.

Dans 97% des patients atteints de la SLA, cette protéine ne se trouve pas au bon endroit dans la cellule, comparativement aux gens qui ne souffrent pas de la maladie.

Le professeur Patten souhaite maintenant poursuivre ses travaux en tentant d'identifier des molécules qui pourraient permettre aux neurones et aux muscles de recommencer à communiquer ensemble.

«Ça nous donne un modèle très intéressant pour aller plus loin et faire le criblage de médicaments, par exemple, pour essayer de restaurer cette connexion qui est perdue quand on diminue le rôle de ce gène», a-t-il dit.

Les conclusions de cette étude sont publiées par le journal scientifique Communications Biology.

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